Consignes : Faire l'interview imaginaire d'un grand écrivain du XVIIIème. Choisir l'un des auteurs étudiés (Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Diderot) et lire une biographie sur un site fiable. Réaliser à l'écrit ou à l'oral une interview. Vous insisterez particulièrement sur la visée des écrits de l'auteur. L'interview doit comporter dix questions.
Moi : ...après avoir construit la machine il me fallait encore achevé mon étude du continuum espace temps afin de créer une brèche me permettant d'accéder....
Voltaire : D'accord, d'accord j'ai compris... Vous voulez donc me faire une ''interview'' comme vous dites mais en quoi avait vous besoin de moi ? Et pourquoi êtes vous venus jusqu'en 1777 alors qu'apparemment vous viendriez de l'an 2112 ?
Moi : Tout d'abord, je viens de 2012 et je viens de vous le dire, je souhaiterais vous interviewer, vous poser des questions vous concernant. Je réalise un dossier documentaire sur les plus grands auteurs français et je me suis dit qu'une interview d'un génie dans son genre serait parfaite.
Voltaire : Très bien, je serais tout à fait ravi de vous aider dans ce cas. Que souhaitez-vous savoir ?
Moi : Tout d'abord, afin de coller au protocole qu'exige mon époque, je voudrais que vous décliniez votre identité... Vous présenter rapidement en fait.
Voltaire : Très bien alors... Bonjour cher français et françaises, je me présente, je suis François-Marie Arouet plus connu sous le pseudonyme de Voltaire et je suis né le 21 novembre 1694 à Paris. Euh... J'ai passé la majeure partie de ma vie à écrire des contes, des poèmes, des pièces de théâtre.... Je pense que je peux être considéré comme un écrivain à part entière.
Moi : Nul doute, vous êtes bel est bien un très grand écrivain ! Ou plutôt devrais-je dire que Voltaire est un grand écrivain. Avant de parler de votre vie et de l'immensité de vos œuvres, je voudrais vous poser une question existentielle, bon j'exagère peut être un peu mais c'est une question à laquelle je n'arrive pas à apporter de réponse : d'où vient le pseudonyme Voltaire ?
Voltaire : Voltaire est tout simplement un anagramme. Souvent appelé Arouet Le Jeune, j'ai décidé de prendre les lettres de mon nom ainsi que les deux lettres L et J de "Le Jeune". Cela donna en écriture latine AROVETLI (le U et V s'écrivant de la même manière ainsi que le I est le J). Ces huit lettres m'ont permises de créer le pseudonyme sous lequel la majorité des mes ont été publiées : Voltaire.
Moi : Effectivement, l'explication semble plus que logique ! Je suis persuadée que les historiens de mon époque seront ravis d'avoir enfin élucider ce mystère. À présent, commençons par le commencement : chaque histoire a son début, chaque personne a son enfance, sa jeunesse... Quelle était la votre ?
Voltaire : Mon enfance ? Aussi loin que je me souvienne, mon père m'avait fait interné chez les Jésuites du prestigieux collège Louis-le-Grand. Durant les sept années qui j'y ai passé, j'ai appris le latin mais également l'art de la rhétorique. J'étais semble-t-il un élève brillant, et doué dans la versification ce qui a conduit à la publication de mon premier ouvrage Ode à sainte Geneviève qu'ont publié les Pères.
Moi : Vous avez donc publier votre première œuvre à l'âge de 17ans ?! C'est pour le moins précoce !
Voltaire : Plus vite on commence, plus longtemps on écrit et plus on en fait !
Moi : Ce n'est pas faux ! Et on peut dire que vous vous êtes essayer à de nombreux genres...
Voltaire : En effet, entre poésie et théâtre, œuvres historiques et scientifiques en passant par des contes philosophiques j'ai tenté de traiter tous les sujets sous diverses formes afin de toucher un plus grand nombre de lecteurs.
Moi : Malgré tout, comment expliquer vous qu'à mon époque ce soit vos contes et plus particulièrement Candide qui restent dans nos mémoires ?
Voltaire : C'est vrai ? Et dire que j'ai longtemps démenti avoir écrit ce livre... En fait je pense que cela tient à plusieurs éléments. Tout d'abord, même si j'ai écrit ce conte pour répandre des idées et des valeurs qui me semblaient justes, j'ai tenté de raconter une histoire dans laquelle il y avait de l'aventure afin d'inciter le lecteur à poursuivre. J'espère cependant que les gens de votre époque ont bien compris qu'il y avait un message derrière tout ça, ce n'est pas seulement une jeune garçon optimiste qui fait le tour du globe pour retrouver sa chère est tendre Cunégonde !
Moi : Ne vous inquiéter, après des études littéraires nous avons découvert que contrairement à ce qui peut être compris lors d'une première lecture, Candide dénonce l'optimisme ainsi que la théorie de Leibniz.
Voltaire : "Tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles" qu'il affirmait ! Les horreurs vécues durant la guerre de Sept Ans et ce tremblement de terre qui a ravagé la totalité de Lisbonne étaient peut être ce qui pouvait arriver de mieux ! Au lieu de penser sur la métaphysique du monde, il aurait du se contenter de s'instruire et d'aider à enrichir le monde de connaissances et de valeurs justes.
Moi : C'est ce que vous entendiez par ''Il faut cultiver son jardin". J'ai remarqué que vous parliez souvent de valeurs justes, quelles sont-elles pour vous ?
Voltaire : Je pense que pour moi les principales valeurs morales sont la justice et c'est pour cela qu'à quatre reprises déjà, j'ai tentait de prouver l'innocence de malheureux accusés comme la famille Sirven même si parfois la justice a été rendue trop tard comme pour le pauvre père Calas.
Moi : Il est vrai que vous êtes également très célèbre pour les affaires dans lesquels vous vous êtes investi mais parlez moi des autres valeurs qui vous animent.
Voltaire : Je dirai que la liberté est pour moi une autre des valeurs fondamentales et notamment la liberté d'expression car "Même si je ne suis pas d'accord avec ce que vous dîtes, je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire". Chaque personne à le droit d'avoir ses idées et il doit avoir la possibilité de les défendre, c'est comme ça que je vois les choses et ce n'est pas même le Roi qui devrait pouvoir censurer car il est un homme comme nous autres et il ne devrait bénéficier d'aucun privilège.
Moi : Il est donc pour vous inacceptable que la France soit dirigée par un seul est même homme dont les pouvoirs ont étés conférés par Dieu mais quel serait pour vous l'idéal politique ?
Voltaire : Je trouve que le régime politique actuel du Royaume-Uni devrait être celui de tous les pays. Le pouvoir n'appartient plus seulement à une seule et même personne car le peuple participe aux décision et c'est pour moi un exemple à suivre.
Moi : Je voudrais à présent connaitre votre avis sur la religion et Dieu en général. Quelles sont vos croyances ?
Voltaire : "L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer Que cette horloge existe et n’ait point d’horloger".
Moi : Pardon ?
Voltaire : "Il m'est impossible de nier l'existence de ce Dieu" mais je suis cependant contre toute forme d'adulation. Pour moi le fanatisme n'est pas quelque chose de sein et à travers nombreuses de mes des oeuvres j'ai tenté de le combattre. C'est d'ailleurs à cause de ce fanatisme que se maintient la monarchie de droits divin dans lequel la France évolue depuis tant de génération et j'espère qu'au XXI siècle vous avez réussi à vaincre ce... Ou sommes nous ?
Moi : Et bien je n'avais pas prévu de m'entretenir aussi longuement avec vous c'est pourquoi nous sommes à présent revenus à notre époque. Mais cela va me permettre de vous poser une dernière question que je ne pensais pas avoir la chance de vous poser : que pensez-vous de la politique actuelle qui régit la France ? Pour expliquer en quelques mots, nous trouvons dans un régime ou tous les cinq ans, les hommes et les femmes âgés de plus de 18ans sont appelés à élire une personne qui gouvernera le pays avec l'aide d'autres personnes qualifiées dans leur domaine. Qu'en dites-vous ?
Voltaire : C'est pour moi un aboutissement de tout ce que j'ai fait ainsi que d'autres écrivains de mon époque comme Montesquieu, Diderot ou encore Rousseau. Vous semblez donc un peuple uni qui en élisant lui même, l'homme qui le représente, prend donc part aux décisions qui les concernent. c'est donc un grand pas et j'espère de tout mon coeur que c'est pour moi un futur proche.
Moi : Merci beaucoup Voltaire pour toutes vos réponses et...
Voltaire : Avant de se quitter j'aimerais à mon tour vous poser une question
Moi : Oui bien sur quelle est-elle ?
Voltaire : Pourriez vous me dire quand je vais décéder ? Juste pour avoir le temps de mettre mes affaires en ordre avant de partir.
Moi : En réalité je ne peux pas me le permettre car cela modifierait la continuité du flux temporel et...
Voltaire : Pourriez-vous arrêter de me sortir votre charabia du XXIème siècle et dites moi clairement quels seraient les risques d'une telle ''révélation'' !
Moi : Il se pourrait que je ne puisse pas vous ramener en 1777 à cause de... Afin voilà, votre retour serait compromis. Tout ce que je peux vous dire, c'est que cette année est la dernière que vous pourrez apprécié du 1 janvier au 31 décembre.
Voltaire : Merci mon amie pour votre franchise. C'est une fabuleuse rencontre que j'ai fait aujourd'hui et j'espère de tout mon coeur que votre travail aboutira.
Moi : Vous m'avez été d'une aide précieuse, cela restera pour moi une expérience formidable.